Privilégier l’offre plutôt que la demande

L’économie réunionnaise est une économie sous perfusion.  La Réunion a importé 4,2 milliards d’euro de marchandises et de services et en a exporté 281 millions principalement sous la forme du tourisme et de sucre. (source INSEE)

Un rapport de 1 à 14. C’est consternant.

Chaque année, il faut 4 milliards d’euro sous une forme ou sous une autre pour compenser la différence. Pour que la Réunion maintienne son train de vie dispendieux, il faut que l’État Français lui donne de l’argent d’une manière ou d’une autre.  Une de ces manières est de sur-rémunérer les fonctionnaires expatriés (souvent des profs) ou encore d’offrir des avantages si important aux investisseurs rentiers qu’ils injectent des milliards d’euro chaque année. Enfin, il reste les impôts des Français.

Bien sûr, ce système admirablement stupide est bâti sur une théorie kénésyenne  encore plus stupide : Soutenir la demande.

La réflexion est la suivante : Pour que les gens achètent des produits, il faut leur donner de l’argent.  Comme ça ils pourront acheter des produits et faire travailler les gentilles sociétés françaises qui pourront alors embaucher des gentils employés pour faire leurs produits qui alors gagneront de l’argent et alors les gentils employés pourront acheter des produits des gentilles entreprises, etc.

C’est un réflexion formidable, il suffit alors d’injecter des dizaines de millions d’euro dans l’économie pour qu’elle reparte. Facile !

Sauf que c’est juste très con.

C’est stupide parce que l’expérience prouve que les gentils gens vont dépenser l’argent dans des choses futiles comme des téléphones portables de marque coréenne  fabriqués en Chine, des voitures allemandes, des carottes australiennes, etc. Tout sauf des trucs français et encore moins réunionnais (car c’est cela qui nous intéresse) car je ne connais pas beaucoup de société de production de téléphones ou d’automobiles à la Réunion et les sols, massacrés par des dizaines années de canes à sucre ne peuvent pas fournir grand chose d’autre.  Notre seul industrie c’est les services du tourisme et la production de fonctionnaires à la chaîne.

Cela s’appelle : « Favoriser la demande »  et l’exemple type est la prime de noël que l’on va donner aux personnes bénéficiant du RSA. Normalement, cela devrait largement doper les ventes de produits fabriqués en Chine car les bénéficiaires sur RSA ne sont pas bien riches.

Cette demande n’est pas parfaite. Cela signifie qu’une bonne partie de l’argent partira ailleurs.  De plus, pour alimenter la demande, il faudra continuellement stimuler la demande en injectant en permanence de l’argent.  Et cet argent il faut bien le prendre quelque part : dans les impôts. Il faudra de plus en plus d’argent, donc de plus en plus d’impôts ou d’emprunts et le pays s’appauvrit, se paupérise, car il faut bien le dire, le département de la Réunion est un département pauvre, la demande diminue de plus en plus.

Le système n’a pas de fin. La Réunion sera toujours dépendante de la France Métropolitaine et de l’Union Européenne  financièrement.

Alors comment  faire autrement ?

Une entreprise est un système binaire : elle achète (la demande) et elle vend (l’offre). Toute l’économie est basé sur un truc aussi simple que : acheter et vendre.

On l’a vu, jouer sur l’achat ne mène qu’à la ruine; il reste un autre levier sur lequel jouer, c’est l’offre.

Une entreprise qui offre des services ou des biens les offres en faisant appelle à des personnes. Ces personnes ne demandent plus d’argent en subvention car elles ont un travail et sont autonomes.  Disposant d’un salaire, elles sont capables d’acheter des biens venant de l’étranger, mais aussi des biens locaux, répondant à une demande locale. Ces biens locaux sont « offerts » sur le marché par d’autres sociétés locales ou non qui auront besoin de mains d’oeuvre.  Et ces sociétés auront aussi des besoins qu’elles iront chercher localement.  Et là aussi c’est sans fin.
Le pays devient de plus en plus riche, il y aura de plus en plus d’offre qui engendra de plus en plus d’offres, …

Les exemples sont très nombreux dans le monde et notamment, notre pas très proche voisine: Singapore

Mais alors, comment faire  pour passer d’une politique de la demande à une politique de l’offre ?

C’est là que c’est le plus délicat. Pour stimuler l’offre il faut accepter de perdre les élections. Pour stimuler l’offre, il faut mettre en place une politique de réduction des dépenses et des réglementations, mais aussi de mettre fin au copinage.

Les dépenses des collectivités étranglent littéralement l’économie car elles y prennent leurs revenus par les impôts.  Et un des impôts le plus aberrant  que je connaisse est l’octroi de mer dont la grille est incompréhensible et dégouline de clientélisme (jetez un oeil sur les paraboles : 0%) et il est très difficile de connaître les chiffres de 2011.

La Région Réunion dépense par an 735 millions d’euro, le Conseil Général 1,4 milliards à eux deux ils consomment 2,1 milliards d’euro ! La moitié de l’argent que l’état français envoie à la Réunion !

Dépensé ? non, cramé.

Si les deux pouvaient réduire leur budget de seulement 50%, c’est 1 milliard d’euro qui ne partirait pas de la poche des Réunionnais. Ces réunionnais pourraient choisir où ils veulent mettre leur argent et dans quels produits. Ils pourraient aussi choisir librement de créer des sociétés (puisqu’on ne leur prendrait pas 1 milliard en tout) et offrir des services. Ils pourraient invertir dans des sociétés pour leur retraite. En créant des sociétés ou en investissant dedans, ils créeraient une offre.

Il faudrait arrêter de protéger des professions qui n’ont pas besoin de protection : les agriculteurs. Ces derniers absorbent 80 % des subventions envoyées à la Réunion. Par effet de bord, un agriculteur gagne plus d’argent à ne rien faire qu’à faire quelque chose. En plus, comme on estime qu’ils sont des imbéciles, ils ne peuvent pas vendre leur terre à quelqu’un d’autres qu’un agriculteur. Et donc les prix des terrains disponibles flambent appauvrissant encore plus les réunionnais.

Dynamiser l’économie réunionnaise est un problème plus que complexe. Il faut faire face à des lourdeurs historiques, étatiques, psychologiques et des corporatismes.

Il y  a urgence de penser à plan de secours. La France va bientôt avoir un très très très gros problème d’argent liquide et elle économisera en priorité sur ce qui se voit le moins. Loin des yeux… loin de la presse. Si elle décide de couper le robinet, les clowns à roulettes qui se prennent pour des dictateurs à vie pendant 4 ans vont avoir un sérieux problème sur les bras.

Et je suis sûr qu’il diront que c’est la faute des autres…

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